Publié le 17.09.18

Flora Robotica : construire la green city en alliant plantes et robots

Réinventer la green city : c’est le pari fou de Flora Robotica. Ce projet porté par un collectif de chercheurs, biologistes, roboticiens, architectes, dispersés aux quatre coins de l’Europe, a un objectif : celui de développer des interactions entre les plantes et les robots afin de créer des structures architecturales et à terme, des habitations.

Le souhait de verdir les centres-villes s’est installé de plus en plus sûrement dans les projets des municipalités. Car en plus de rendre les villes plus accueillantes, cette démarche s’inscrit dans une volonté de développement durable. Les espaces verts aménagés en ville réduiraient en effet l’exposition des populations à la pollution ainsi qu’aux nuisances sonores et auraient defacto un effet bénéfique sur la santé publique, relate un rapport de l’OMS. Partant de ce constat : biologistes, architectes, roboticiens et chercheurs en informatique se sont associés autour d’un projet unique en son genre : Flora Robotica. L’ambition : renforcer les liens qui nous unissent à la nature à l’aide de la technologie et du numérique.

Financé par Horizon 2020, le programme européen pour la recherche et l’innovation, Flora Robotica est un projet qui vise à associer les plantes naturelles aux robots en développant et explorant étroitement leurs relations symbiotiques. Cette expérimentation pourrait déboucher sur la réalisation d’un véritable écosystème mi-naturel, mi-numérique, capable de développer des structures architecturales hybrides et auto-gérées.

Comme à l’école, les robots doivent tout d’abord apprendre à faire pousser les plantes. Pour cela, les chercheurs utilisent un procédé très simple : la lumière. Celle-ci a pour effet d’accélérer la croissance des plantes. Les chercheurs ont donc équipés leurs robots de LED bleues sur lesquelles les plantes vont naturellement croître. Le jeu de lumière va attirer la plante et orienter le sens de sa pousse. Les robots peuvent ainsi diriger la plante dans une direction ou une autre et obtenir la structure désirée.

Le robot viendra ensuite se fixer à la tige principale de la plante pour venir surveiller ses constantes vitales ou encore gérer son arrosage.

Si Flora Robotica est encore au stade de l’expérimentation, ces structures hybrides plantes-robots pourraient bel et bien voir le jour si on en croit les scientifiques. D’après eux, elles pourraient faire leur apparition d’ici 20 ans à 30 ans dans des jardins de villes ou des espaces urbains. Sur le site internet, les chercheurs avancent même vouloir créer “une société biohybride” dans laquelle hommes, machines, plantes réinventent les espaces de vie.