Publié le 07.12.17

Comment nous déplacerons-nous en Île-de-France en 2030 ?

Faire de l’Île-de-France la première agglomération européenne à repenser radicalement sa mobilité d’ici 2030 : c’est l’ambition dévoilée par Mobility Nation. Lancé à l’initiative du Boston Consulting Group, ce groupe de travail rassemble acteurs privés et publics autour du transport du futur et a dévoilé un livre blanc proposant 24 recommandations concrètes à destination des filières industrielles et des pouvoirs publics.

Nous sommes en 2030. Marc est électricien et travaille en Île-de-France. Pour se rendre chez ses clients, il utilise son véhicule utilitaire électrique dont l’autonomie est suffisante pour seulement une à deux charges par semaine. Marc est inscrit depuis plus de 10 ans sur une application de covoiturage urbain, qui se synchronise automatiquement avec son agenda pour identifier les trajets et les proposer à la communauté. De nombreux voisins, qui ne possèdent pas de véhicule, le contactent, attirés par la granularité des trajets et les prix attractifs. Marc ne fait pas de détours supérieurs à 5 min mais n’hésitent pas à rapprocher ses voisins d’une plus grande gare. Par ailleurs, faire le trajet avec ses voisins est avantageux pour Marc car il peut emprunter gratuitement les voies « 2 passagers et plus ». Enfin, il ne s’inquiète plus pour le stationnement : son statut d’artisan lui octroie la gratuité du stationnement.

De son côté, Leïla travaille pour une entreprise parisienne et se rend régulièrement à son travail en transports collectifs réguliers, grâce aux nouvelles lignes du Grand Paris Express. Quand elle a des rendez-vous professionnels, Leïla fait appel à une voiture autonome. Par l’intermédiaire d’une application, Leïla réserve le véhicule qui se déplace « tout seul » jusqu’à elle. Ce véhicule est aménagé en bureau qui permet à Leïla de finir de préparer son rendez-vous. Son fils aime se rendre à l’école en vélo et passe pour cela par une station libre-service qui se trouve au bout de la rue. Fonctionnant à assistance électrique, ces vélos sont également connectés, ce qui permet à Leïla de suivre son trajet et de partir plus sereinement au travail.*

*Récits d’anticipation issus du livre blanc

Changer les usages en profondeur en faveur des utilisateurs et des territoires

Pour imaginer comment les habitants et les entreprises d’Île-de-France vont gérer leurs déplacements à horizon 2030, des travaux de recherche ont été menés pendant plusieurs mois par un groupe regroupant les experts du BCG, Île-de-France Mobilités (ex-Stif), AXA, Engie, Faurecia, mais aussi de nombreuses startups dont Blablacar, Coup, Easymile, Seabubbles ou encore Stuart.

Si la région Île-de-France dispose aujourd’hui de nombreux points forts en matière de mobilité, incluant notamment des infrastructures de qualité et une offre de transports collectifs dense, 56% des Franciliens rencontrent des difficultés chaque semaine au cours de leurs déplacements. Certes, la mobilité y est globalement perçue de façon positive – 67% des Franciliens se déclarant satisfaits des modes de déplacement utilisés – mais il existe toutefois des difficultés et des disparités. En cause notamment : la saturation et le manque de fiabilité de certaines lignes de transport collectif et un réseau routier de plus en plus congestionné. En moyenne, les automobilistes franciliens perdaient en moyenne 40 minutes par jour dans les bouchons en 2016. Par ailleurs, les habitants pointent aussi du doigt un coût de transports trop élevé et attendent des efforts quant à la baisse de la pollution.

Réinventer la mobilité urbaine représente donc un enjeu crucial pour remettre l’utilisateur au centre de l’offre de transports et apporter des réponses aux enjeux de durabilité des territoires. Avant même le déploiement massif des véhicules autonomes sur les routes, nul doute que les JO 2024 vont donner un coup d’accélérateur à la transformation de l’agglomération parisienne à ce sujet.

Le groupe Mobility Nation pointe six ruptures distinctes. Trois d’entre elles sont d’ordre technologique (mobilité connectée, zéro-émission et autonome) quand les trois autres sont d’usage (mobilité à la demande, partagée, comodale). Ces ruptures sont d’ores et déjà enclenchées aujourd’hui mais vont nécessiter des efforts dans les années à venir pour garantir leur développement, leur démocratisation et leur efficacité.

Source : Boston Consulting Group

Pour accélérer les trois ruptures évoquées plus haut, il faudra être capable de répondre à plusieurs problématiques clés : déverrouiller certaines catégories de données (notamment l’API-sation des données de mobilité en temps réel et la mise en place d’un format commun et ouvert pour les données techniques et de conduite des véhicules), mettre en place un cadre réglementaire adapté au transport autonome et moderniser les infrastructures de télécommunications, énergétiques et routières.

Le groupe Mobility Nation prône une solution équilibrée pour la mobilité de demain, qui capitalise sur les forces actuelles et intègre les ruptures technologiques et d’usage, pour construire une offre de mobilité attractive et pertinente à l’échelle de l’Île-de-France ”

Joël Hazan, Directeur associé au BCG Paris

La voiture autonome n’est plus si loin

Taxis, VTC, services de covoiturage : les services de mobilité à la demande font déjà partie intégrante du quotidien de nombreux franciliens. D’après Mobility Nation, ils pourraient l’être encore davantage en 2024, avec une couverture sur l’ensemble de l’Île-de-France et un temps d’attente inférieur à 10 minutes. Ces services pourraient quelques années plus tard représenter près de 50% du transport privé. En outre, le nombre de passagers moyen par véhicule pourrait atteindre deux personnes en moyenne d’ici 2030.

Les véhicules électriques, quant à eux, et particulièrement les scooters, se développent massivement sur le marché de la mobilité francilienne. À ce jour, plus de 2000 scooters électriques en libre service sont déjà recensés à Paris. Un chiffre qui devrait continuer d’augmenter avec un coût des batteries qui pourrait baisser de 30% à 50% d’ici 2025.

Enfin, les véhicules autonomes – déjà en circulation dans le monde à l’image de Navya – pourraient voir leur démocratisation arriver d’ici 2025 avec de premières voitures 100% autonomes. Ces véhicules se développeront sous une forme privée comme publique avec également des premières navettes qui pourraient être déployées d’ici 2030 côté transports en commun.

Envie de savoir à quoi ressemblera le transport de demain ? Rendez-vous le 1er février 2018 au CENTQUATRE-Paris pour la Maddy Keynote 2018 dont Nexity est partenaire.