Publié le 18.02.19

Le téléphérique urbain est-il en passe de devenir un nouveau transport en commun ?

80 réalisations urbaines, 200 projets en cours, le téléphérique urbain connait un développement en forte croissance partout dans le monde. En France, la loi de 1941 qui interdisait le survol des habitations par de petites cabines, a longtemps été un frein à l’intégration du transport par câble en zone urbaine. Mais depuis l’ordonnance de cette loi en 2016, la donne est différente. Le premier téléphérique urbain a été inauguré à Brest et d’autres installations sont prévues dans tout le pays. Faisons le point sur cette nouvelle solution de mobilité urbaine qui représente un parfait complément au bus, tramway et métro.

Les nombreux atouts du téléphérique urbain

« Il n’y a pas plus propre que le transport par téléphérique, il n’y a pas plus sécurisé, il n’y a pas plus silencieux et en plus il n’y a pas moins coûteux ». C’est par ces quelques mots que l’ancienne ministre de l’environnement, Ségolène Royal, décrivait le téléphérique urbain en 2016. Il faut dire que le transport par câble possède de nombreux atouts.

Économies d’énergie, aucune émission de gaz à effet de serre, une emprise au sol réduite, ce nouveau mode de transport a une vocation environnementale forte et répond aux enjeux de la transition énergétique. L’aspect pratique est aussi un argument de poids. De part son tracé direct et son survol des zones denses, le téléphérique s’affranchit de l’encombrement de la voirie et permet de franchir de nombreux obstacles naturels et architecturaux. Alors que le tramway et le métro représentent un casse-tête urbain en période de travaux, le téléphérique promet lui une installation moins longue et moins handicapante aux agglomérations. L’argument économique est également un atout non négligeable. Sa construction est moins coûteuse qu’un tramway, son architecture ainsi que sa singularité le rende attractif et lui donne un intérêt touristique.

Tous ces avantages ont donné des idées à de nombreuses villes Françaises.

Un premier téléphérique urbain à Brest et d’autres projets dans toute la France

Si Grenoble a été la première ville Française à implanter un téléphérique à usage touristique en 1942, il aura fallu attendre le 19 novembre 2016 pour que le premier transport par câble urbain intégré au réseau de transport voit le jour à Brest. Avec ses 420 mètres de long et ses deux cabines, il permet de traverser le fleuve Penfeld et relie la rive gauche et la rive droite de la ville en à peine trois minutes. Mis en circulation par le constructeur Suisse, BMF Bartholet, le téléphérique Brestois a su répondre aux attentes de la ville. Pour sa première année d’exploitation près de 800 000 passagers ont survolé le fleuve Breton alors qu’une fréquentation de 675 000 usagers était prévue. Il a également redonné un second souffle à la zone enclavée des Capucins. Seule ombre au tableau, le téléphérique a connu quelques soucis techniques lors de son lancement (panne électrique, décrochage d’une des deux cabines lors d’une maintenance).

Pas de quoi freiner les intérêts d’autres villes Françaises qui s’apprêtent à mettre en place ce nouveau réseau de transport.
En Ile-de-France par exemple, ce sont près de 13 projets qui sont étudiés. Mais le plus avancé est celui du Câble A-Téléval, dans le Val-de-Marne. Les travaux devraient commencer courant 2020 pour ce téléphérique qui reliera Créteil et Villeneuve-Saint-Georges en à peine 17 minutes contre 45 actuellement.

Dans le reste du pays, d’autres projets sont en passe de voir le jour. L’Interives d’Orléans, l’impressionnant Aérotram de Toulouse, le nouveau Métrocâble de Grenoble, le Cinor de Saint-Denis en Réunion mais aussi le téléphérique de Marseille devraient être mis en circulation au cours des deux prochaines années.

Si la France a mis du temps à autoriser ce type de transport en zone urbaine, certains pays l’ont déjà bien intégré.

Un mode de transport développé au-delà de nos frontières

À New-York, le célèbre Rossevelt Island Tramway, survole l’East River depuis 40 ans.

Mais s’il y a un continent où le téléphérique urbain a su s’intégrer à merveille, c’est bien en Amérique du Sud. Avec ses forts dénivelés mais aussi son extrême densité urbaine, le continent Sud-Américain a trouvé avec le téléphérique une parfaite alternative aux réseaux de transport existants. La capitale Colombienne, Medellin, l’a intégré dès 2006 afin de relier les quartiers pauvres de la ville situés en hauteur, avec le centre de la vallée. Le gain de temps est considérable pour les habitants avec un trajet de 15 minutes contre 2 heures auparavant. De son côté, La Paz en Bolivie dispose du plus grand réseau téléphérique mondial. Ces sept lignes transportent près de 160 000 passagers chaque jour dans la capitale la plus haute du monde.

À l’heure où le réseau de transport des grandes agglomérations est de plus en plus saturé, le téléphérique urbain s’impose comme un nouveau mode de transport qui répond favorablement aux attentes du secteur. Avec un marché grandissant, il ne fait aucun doute que de nombreuses installations apparaîtront dans le paysage urbain au cours des prochaines années.