Publié le 31.10.17

Paris sur le podium des villes les plus durables en matière de mobilité

ll y a un peu plus d’un an, Paris était élue ville au monde la mieux desservie en transports en commun d’après l’étude de l’Institute for Transportation and Development Policy (ITDP). Aujourd’hui, la capitale française confirme son avance sur la mobilité urbaine grâce au classement international Sustainable Cities Mobility Index, dévoilé par la société de conseil Arcadis. Un classement qui confirme la performance des villes françaises en matière de mobilité, Paris se classant à la 3ème place, derrière Hong-Kong et Zurich, et Lyon arrivant à la 15ème place devant bon nombre de métropoles internationales.

Le classement Sustainable Cities Mobility Index examine le développement durable dans les villes du monde sous l’angle de la mobilité. Dans son communiqué, Arcadis considère que « ce classement montre les atouts des villes françaises en matière de mobilité. L’enjeu stratégique pour Paris autant que Lyon est de poursuivre les investissements en mobilité urbaine, de s’adapter aux fortes mutations technologiques à venir et de poursuivre une politique environnementale ambitieuse afin de maintenir leurs rangs dans un contexte international très mouvant et extrêmement compétitif”.

Un rayonnement mondial pour Paris mais des défis importants

Si Paris figure dans le peloton de tête de ce classement mondial, Arcadis estime que cela n’est pas lié à une performance exceptionnelle dans une ou plusieurs catégories mais d’une notation solide dans chacun des domaines pris en compte : l’humain, l’environnement et l’économie. Comment la ville lumière en est-elle arrivée à d’aussi bons résultats ? Il s’agirait du fruit de décennies d’investissements dans la mobilité avec une réelle prise en compte de ses dimensions sociales et environnementales.

Le réseau de transport moderne à Paris ne date pas d’hier mais du milieu du dix-neuvième siècle avec le réseau structuré d’omnibus et les voitures de place. Sont ensuite arrivés le tramway, la voiture motorisée et le vélo. Au cours des deux siècles qui se sont ensuite écoulés, les investissements et les politiques de transports n’ont jamais cessé, offrant des services de mobilité accessible et globalement efficace et durable, du moins en comparaison avec les autres grandes villes mondiales.

“L’Etat poursuit, malgré plusieurs alternances politiques, le très ambitieux programme du Grand Paris Express qui va étendre le réseau de transports en commun dense du centre de Paris et impulser le développement de nouveaux hubs de la petite couronne. Enfin, une véritable vision pour les mobilités douces émerge, avec notamment une politique en faveur du vélo”, souligne  Stéphane Kirkland, City Executive Paris chez Arcadis.

Par ailleurs, la mobilité connaît aujourd’hui une révolution technologique sans précédent avec une croissance exponentielle des applications de mobilité en tant que service (MaaS), favorisant l’émergence d’une offre de transport multi-modal, sur-mesure et ultra concurrentielle. L’arrivée imminente des véhicules électriques et autonomes – actuellement en développement chez les constructeurs – pourraient amplifier cette tendance.

Un contexte concurrentiel protéiforme

Dans son classement, Arcadis souligne la dimension mouvante du contexte concurrentiel actuel. Alors que des villes comme Zürich, Séoul, Stockholm et Singapour ont adopté des politiques de mobilité extrêmement volontaristes et innovantes, d’autres villes, notamment en Chine, réalisent des investissements technologiques très importants mais sont pénalisées par des faiblesses sur le plan environnemental.

Pour Stéphane Kirkland, “Paris bénéficie de réseaux historiques de mobilité très bien implantés, très denses et gérés de manière sociale avec de fortes subventions et une politique soutenue d’investissements, notamment pour les transports en commun”. Il estime que les choix nationaux énergétiques ont mené à un bilan carbone correct, malgré une situation médiocre pour ce qui concerne les autres émissions. Autre constat : la pratique du vélo qui se développe et la marche – moyen de mobilité le plus écologique – qui reste de loin la plus pratiquée pour les déplacements à Paris. Il relativise toutefois l’avance de Paris en soulignant sa fragilité face à l’environnement changeant.

Pour conserver sa position, Paris doit poursuivre les investissements, mais surtout adopter une véritable stratégie intégrée au niveau de l’aire métropolitaine qui prenne en compte la diversité des formes de mobilité, l’intermodalité croissante et les mutations technologiques qui vont totalement modifier le paysage de la mobilité à l’horizon de 10 à 15 ans…

Stéphane Kirkland, City Executive Paris chez Arcadis

Lyon confirme son potentiel en se hissant à la 15ème place du classement

Dans un classement où se côtoient les plus grandes métropoles internationales, Lyon se hisse à la 15ème place. La politique poussée par Lyon Métropole en matière de développement de la mobilité en ferait une ville où il est agréable de vivre.

“Lyon ne bénéficie pas de la taille et de l’historique d’investissements d’une ville comme Paris. Mais elle fait partie des villes, comme Séoul et Vancouver, qui ont des politiques de mobilité intelligentes et qui monteront progressivement dans les classements futurs tant qu’elles mettent la priorité sur des investissements bien pensés par rapport à l’évolution future de la technologie et des pratiques, privilégiant l’environnement, l’inclusivité et la qualité du cadre de vie.”, déclare Stéphane Kirkland.

Crédit photo : © Alain Longeaud / MIEUX