Publié le 03.09.18

Smart Parking : vers une révolution du stationnement en ville

Le “Smart Parking” constitue l’un des grands chantiers de la ville de demain. Car en plus d’être une solution permettant aux automobilistes de trouver une place plus facilement, c’est également un moyen efficace pour désengorger les zones fortement urbanisées et ainsi limiter la pollution atmosphérique et sonore. Après s’être chargées de la décentralisation du stationnement payant, les métropoles françaises ambitionnent de repenser leurs espaces de stationnement grâce aux nouvelles technologies. 

Les français consacreraient en moyenne jusqu’à 30 minutes par semaine à la recherche d’une place de stationnement soit l’équivalent d’un peu plus d’un jour par an, d’après l’étude Harris Interactive réalisée pour le compte d’Ector en 2017. En ville, c’est d’ailleurs un tiers du trafic qui est représenté par les voitures qui cherchent une place. Au delà des problématiques évidentes de trafic, l’accumulation de ces trajets circulaires de conducteurs qui cherchent désespérément une place, a un impact terrible sur la qualité de l’air.  Selon une étude générale du Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (CERTU), c’est 60% de la pollution urbaine qui proviendrait de la circulation liée au stationnement, notamment à la recherche d’une place disponible. Pour tenter d’endiguer ce fléau, les villes et les acteurs économiques explorent  le marché du parking intelligent.

En route vers le parking du futur

C’est le cas de la ville d’Issy-les-Moulineaux et de son parking Camille-Desmoulin, un projet pilote développé par le groupe Indigo en partenariat avec OPnGO, Cisco et Valeo. Équipé de capteurs vidéo, de bornes WiFi et d’autres technologies basées sur l’intelligence artificielle, le parc de stationnement accueille des véhicules capables de se garer automatiquement sans conducteur à bord. Concrètement, l’automobiliste sort de sa voiture et utilise son smartphone pour actionner les commandes à l’entrée du parking. La voiture poursuit alors sa trajectoire jusqu’à rejoindre sa place de stationnement. Le propriétaire du véhicule n’aura ensuite plus qu’à payer, via son smartphone, à la sortie. Mais, bien que cette technologie soit convoitée par bon nombre d’automobilistes, son déploiement devrait prendre encore un peu de temps. En effet, pour être capables de se garer seules, les voitures doivent être équipées des dernières technologies d’aide à la conduite : système de parking automatique, télématique embarquée spécifique, clé sécurisée etc. “Les véhicules autonomes sont encore trop peu nombreux. Et avant qu’ils se généralisent, la complexité viendra de la cohabitation avec les voitures traditionnelles » explique Serge Clémente, PDG d’Indigo.

Faisant face aux même contraintes, le constructeur automobile Volkswagen, qui teste actuellement son modèle de parking autonome à l’aéroport d’Hambourg, a ainsi annoncé vouloir commercialiser à plus grande échelle – d’ici à 2020 – des voitures capables de se diriger seules.

Le parking s’équipe de services 3.0

En attendant, de nombreux acteurs mettent d’ores et déjà en place des solutions innovantes pour répondre aux contraintes liées à la recherche et au paiement des places de stationnement. Les suédois d’EasyPark, ont par exemple développé une solution prédictive “Find & Pay” qui permet de guider l’automobiliste vers une place de stationnement disponible. L’usager n’a simplement qu’à entrer dans l’application sa destination et les places qui ont le plus de chances d’être libres lui seront proposées. Présent dans 600 villes dans 10 pays en Europe, EasyPark revendique offrir un accès à 1 million de places de stationnement.

L’autre objectif de ces jeunes pousses, consiste à proposer le paiement dématérialisé par smartphone. Plusieurs métropoles ont d’ailleurs déjà mis en place ce service, à l’instar de la ville de Nice qui a choisi PayByPhone. Cette application permet, en plus de payer, de rallonger son temps de stationnement à distance.

Mais la grande nouveauté concerne l’élargissement de l’offre de parkings. Exit le traditionnel parking public, avec ZenPark, il est désormais possible de se garer dans des parkings de bureaux, d’hôtels ou encore de bailleurs immobiliers. « Aujourd’hui, dans les grandes villes d’Europe et d’Amérique du Nord, un automobiliste sur trois ou quatre recherche une place de stationnement. Or, dans les zones urbaines en Europe, il y a sept millions de places libres dans les parkings privés (particuliers, entreprises, hôtels, bailleurs sociaux, supermarchés…) », explique William Rosenfeld, PDG et co-fondateur de Zenpark.

Proposant des prix inférieurs à ceux des horodateurs, offrant un sérieux gain de temps aux automobilistes, sans oublier une réduction des émissions de CO2, ces initiatives s’inscrivent parfaitement dans une logique de Smart City.