Publié le 20.08.18

Sense-City : un laboratoire Smart City à ciel ouvert en région parisienne

Sense-City, c’est un projet de ville témoin inauguré en avril dernier à Champs-sur-Marne, en région Parisienne. Cette mini-métropole, construite sur un site amovible de deux fois 400m² et bardée de capteurs, est capable de recréer la pluie, le soleil, ou encore de simuler des températures pouvant aller jusqu’à plus de 40°C pour répondre à un objectif : celui d’anticiper les changements climatiques afin de préparer au mieux la ville de demain. 

Né d’une initiative de l’Université Paris-Est et financé par l’Agence nationale de recherche à hauteur de 9 millions d’euros, Sense-City est un laboratoire d’expérimentation de la ville durable, grandeur nature. Le projet s’adresse aux chercheurs, ingénieurs, scientifiques, universitaires mais aussi aux industriels et startuppers pour leur permettre de tester, dans des conditions climatiques réelles ou extrêmes – canicule, sécheresse, tempête – des technologies de pointe qui viendront demain meubler la ville.

Avec trois maisons, une parcelle de route, des canalisations d’eaux, un réseau d’électricité, de la pelouse, Sense-City a tout d’une véritable ville. Elle permet d’expérimenter de nouveaux matériaux comme la laine végétale ou encore le béton de chanvre, d’étudier la pollution atmosphérique de l’eau et des sols grâce à la reproduction d’un réseau d’eaux usées, et enfin de simuler n’importe quel événement climatique ou type de pollution pour en observer l’impact.

« Dans les années 2050 à Paris, toutes les études s’accordent à dire qu’il y aura la canicule un été sur deux. On n’a encore jamais vécu une canicule de deux semaines. Quels en seraient les effets ? Ici [à Sense-City], nous pouvons décider d’observer une canicule de deux semaines », explique Anne Ruas, chercheuse à l’Ifsttar* et coordinatrice de Sense-City.

Un terrain de jeu qui séduit les entreprises

Entre laboratoire et vie réelle, le projet Sense-City attire d’ores et déjà de nombreuses entreprises dont le but est également de façonner la ville de demain. Celles-ci peuvent en effet tester leurs produits en temps réel et ainsi accroître leurs chances de les commercialiser.

C’est ce qu’explique Cécile Villette, présidente de la startup Altaroad, qui vise à améliorer la durabilité et la sécurité des infrastructures routières : « Nous avons pu apprendre sur le terrain. Le démonstrateur Sense-City nous a permis de tester, en conditions réelles et protégées, les performances de notre dispositif pendant plusieurs mois. Pas de trafic, pas de demandes d’autorisations… C’était parfait pour répéter les opérations autant de fois que nécessaire ».  

Fort de son succès, Sense-City s’apprête à inaugurer une deuxième mini-ville à l’automne 2019 avec comme thématique : la végétalisation en milieu urbain.  

*L’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux